Documents d’urbanisme

Observations de l’ADPPM sur le projet de PLU d’Andernos

Vendredi 15 juillet 2011 // Plan Local d’Urbanisme (PLU)

Ce PLU permettrait l’urbanisation de 158 ha (zones AU), outre la création de zones U, l’extension de la zone d’activités (zone U4) sur 17 ha et du golf (zone N4) sur 62 ha.

Le PLU impacterait au minimum 237 ha d’espaces naturels, ce qui pèserait gravement sur les coupures d’urbanisation et la biodiversité, et ferait courir des risques d’inondation et de submersion marine à une population très nombreuse.

1. L’ensemble de la commune est soumise à la loi Littoral, ce qui ressort clairement de la lecture du SMVM.

Pourtant de nombreuses zones à urbaniser ne se situent pas en continuité avec un bourg ou hameau au sens de la loi Littoral. Les coupures d’urbanisation comportant des espaces remarquables sont impactées. On rappellera les recours ayant abouti au retrait de l’autorisation de construire dans la forêt du Coulin.

Pourtant celle-ci demeure constructible sur 3 ha, alors que ce site remarquable, qui abrite plusieurs espèces relevant de Natura 2000, est en ZNIEFF, en ZICO, et en ZAP du Conservatoire du Littoral.

2. La notion de trame verte rappelée par les documents de travail du SCOT est ignorée tout particulièrement pour la forêt du Coulin.

Ce biocorridor serait tout simplement anéanti par l’effet du projet de PLU.

Les lois « Grenelle » et la loi SRU imposent pourtant un « ordre » précis permettant d’éviter de peser sur les coupures vertes et consommatrices d’espaces. Or, déjà en 2008 l’Etat avait signalé la consommation à outrance d’espaces permis par le PLU arrêté de l’époque, qui a finalement été retiré.

Le projet de golf « immobilier » est contraire aux dispositions légales précitées puisqu’il induit la suppression pure et simple d’un massif forestier et la suppression d’une coupure d’urbanisation entre Arès et Andernos. L’impact sur la biodiversité présente dans les coupures vertes en question ne peut pas être qualifié de « négligeable », alors qu’en outre le PADD impose la prise en compte des espaces naturels, ce qui n’est pas le cas. Il en va de même pour l’agrandissement du port et de l’aérodrome.

3. L’article L211-1 du Code de l’Environnement impose la protection des zones humides.

Les espaces adjacents aux cours d’eau et les arbres qui s’y associent sont peu protégés, tout comme les cours d’eau : les ruisseaux Cirès et Bétey sont des « zones vertes » du SDAGE Adour – Garonne, ce qui implique une protection particulière.

L’étude de la qualité des eaux du Betey n’est pas visée ce qui prive le PLU de toute vertu prospective.

Une partie de l’aérovillage et les logements sociaux à Matoucat sont situés sur une zone humide.

4. L’extension du port de plaisance du Betey

Le projet de PLU prévoit d’étendre le port de plaisance du Betey au détriment de la plage boisée, EBC, ZNIEFF, ZICO et Site Natura 2000 FR 7200679 Bassin d’Arcachon. Ces caractéristiques imposent au PLU un zonage adapté, conforme au caractère remarquable de cette zone naturelle. Il est faux de soutenir que cette extension n’aurait pas d’impact sur l’écosystème du Bassin, car le renforcement de l’activité du motonautisme n’est pas neutre (150 places) et que le ruisseau du Betey, déjà perturbé par son exutoire busé, subira une remontée accrue de polluants.

5. L’agrandissement de l’aérodrome

Le projet de PLU prévoit la modernisation et l’agrandissement de l’existant, ce qui implique un survol accru des zones écosensibles (par définition les cartes VAC obligeant les pilotes à ne cheminer qu’au dessus, si possible, des zones non habitées) et l’augmentation de la pollution aérienne (effarouchement à la vue des aéronefs (ombre au sol, intrusion sur le biotope), effarouchement dû aux bruits et vibrations (échappement, turbulences dues aux hélices...), risques de collision avec l’avifaune). On sait que des espèces pourtant visibles à l’œil nu comme les milans près de la piste de l’aérodrome ne sont pas évoquées dans le projet, et l’étude tout en dénombrant nombre de passereaux assez difficiles à observer, se borne à affirmer que le développement des projets n’aurait que peu d’impact sur elles.

On sait que le trafic des avions provoque le départ des espèces les plus sensibles. Pour cette raison, on a été jusqu’à modifier les cartes aéronautiques en raison de ces facteurs, afin de préserver au mieux la réserve du Teich (cf. CCE Villemarie).

Enfin, faut-il développer un aérodrome à vocation commerciale à moins de 40 kilomètres de l’aéroport de Mérignac ?

6. La voie de contournement

On rappellera que, selon la loi « Grenelle 2 », on ne peut créer une infrastructure routière que lorsqu’il n’existe pas d’autre solution disponible ; or, l’alternative existe : c’est le projet de « tram train » sur l’emplacement de l’ancienne voie ferrée faisant le tour du bassin. Il faut privilégier le tram sur l’automobile et créer un réseau de minibus complétant l’offre de transport du Conseil Général.

7. La création d’un golf « immobilier »

Cette création (la 24ème en Gironde) s’effectuerait au détriment de la coupure d’urbanisation entre Arès et Andernos et impliquerait l’urbanisation d’environ 160 hectares de forêts, au mépris de la loi Littoral et du Grenelle de l’environnement. L’entretien va nécessiter beaucoup d’eau et l’utilisation de pesticides et autres produits que l’on retrouvera dans l’eau du bassin, perturbant ainsi le milieu aquatique.

8. L’allongement de la jetée

Cet aménagement permettrait l’amélioration de l’offre transport. Néanmoins l’accroissement du trafic dans les esteys pèserait sur la question des zostères et de la turbidité dans des proportions qui ne sont pas évaluées. En l’état, c’est la création du tram train qui permettra de répondre aux besoins de la population présente à l’année.

Pour toutes ces raisons nous émettons un avis défavorable, en considération de nombreuses insuffisances, erreurs d’appréciation et autres illégalités. Nous vous demandons respectueusement d’en faire de même et de proposer le retrait pur et simple de ce projet de PLU. De plus les délais et un calendrier particulièrement peu confortables pour beaucoup d’administrés qui ne disposent pas d’une information transparente et suffisante justifient un allongement du délai d’enquête et l’affichage en Mairie de planches lisibles par tous.

Fait au Pyla, Le 15 juillet 2011.

J. STORELLI Président de l’ADPPM BP 35 33115 PYLA SUR MER

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