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Gazette du Pyla de janvier 2010

Mardi 12 janvier 2010 // Gazettes du Pyla

Vous pouvez consulter la Gazette du Pyla de janvier 2010 au lien suivant :

Édito

Notre rentrée associative fut marquée par l’annulation par la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux du permis de lotir 90 maisons dans la forêt du Laurey.

Le caractère remarquable de cet espace naturel ne fait donc plus de doute et le corridor écologique dont fait état la Cour mérite les plus grands égards, si l’on veut préserver la richesse de la biodiversité qui caractérise notre patrimoine naturel testerin.

En ce qui concerne le couvert végétal pylatais, le maire de La Teste accepta de signer un arrêté encadrant la question des abattages, conformément à ses engagements lors de notre assemblée générale du 8 août 2009.

Si ces deux décisions vont dans le sens de la protection de notre patrimoine naturel commun, notre environnement reste sous pression, et ce, à divers titres.

Le PLU, voté après enquête publique en 2007 a été retiré au profit du PLU de 2001, beaucoup plus permissif, alors que le projet de ZPPAUP a été gelé. Le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) a également été retiré au profit d’un document qui fait la part belle à l’urbanisation et à l’implantation de commerces sur le boulevard de l’Océan.

Et le pire est sans doute devant nous puisque l’édification du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), qui constitue le document d’urbanisme de référence pour les 17 communes du Bassin d’Arcachon pour les deux décennies à venir, donne lieu à des travaux au cours desquels les maires expriment clairement leur volonté de continuer à urbaniser et de « développer ». Les coupures d’urbanisation, les zones naturelles et la forêt usagère se trouvent donc menacées.

Alors que le Bassin d’Arcachon souffre déjà d’un excès d’activité humaine, c’est la venue de 70.000 personnes supplémentaires que le SCOT permettrait à l’échéance de trente années. A ce rythme-là, le continuum d’urbanisation entre Bordeaux et le Bassin est inéluctable et notre région aura perdu une grande partie de son attractivité jusque-là exercée grâce à un savant équilibre entre les activités humaines et notre patrimoine naturel.

Il n’est pas trop tard pour réagir et l’ADPPM inscrit son action dans le cadre de la Coordination Environnement du Bassin d’Arcachon (CEBA) composée de quinze associations toutes dédiées à la défense de l’environnement. Nos élus ne cessent, dans leurs discours, de dénoncer les stigmates de la saturation et du « trop de tout », que ce soit sur terre ou sur l’eau, et décident pourtant du contraire. Le milieu est en danger, ce que les crises ostréicoles et les rapports de l’IFREMER confirment.

De nos jours, seuls les sites qui ont su se soustraire d’une manière drastique et durable à la pression immobilière et à la pollution peuvent compter parmi les plus recherchés et les plus estimés, ce qui ne peut laisser nos élus indifférents.

Nous demandons solennellement à nos responsables d’aligner leurs actes sur leurs déclarations, et aux services de l’État de veiller au respect des dispositions issues des Grenelle de l’Environnement, I et II.

Si développement il doit y avoir, ce ne doit pas être au détriment des espaces naturels, mais uniquement par la densification des centres urbains et en privilégiant les jeunes actifs (logements aidés…).

Notre association pèsera de tout son poids pour empêcher la rupture des équilibres sans lesquels la magie du Bassin n’opèrera plus. Plus que jamais, vos cotisations nous sont nécessaires ainsi que toute nouvelle adhésion que vous pourriez susciter. Nous vous remercions de votre confiance et vous souhaitons une très belle année 2010.

Jacques STORELLI,
Président