Publications de l’association

Gazette du Pyla de l’été 2012

Samedi 4 août 2012 // Gazettes du Pyla

Vous pouvez consulter la Gazette du Pyla de l’été 2012 au lien suivant :

PDF - 1.6 Mo
Gazette du Pyla n°34

Sommaire

- Ordre du jour de l’AGO
- Vie locale
- Le Schéma de Cohérence Territoriale
- Contentieux d’urbanisme
- Contentieux d’environnement
- Gestion du plan d’eau
- Infos pratiques

Édito

Lors de notre Assemblée générale 2011, Hugues Legrix de la Salle s’était exprimé sur le Plan Local d’Urbanisme, alors à l’enquête : Le PLU est destiné à permettre le développement urbain que nous souhaitons, en préservant l’esprit du Pyla, c’est à dire le lien avec la forêt, une architecture de villas sous les pins, une densité modeste, une unité architecturale au départ mise en place par l’entreprise Gaume, l’accord entre le paysage et le domaine construit, et plus subtilement la liaison entre espace publics et privés, avec le recul qui préserve l’intimité et l’impression de vivre en forêt. Les Pylatais sont chacun dépositaires d’un morceau de forêt, qu’il faut protéger, régénérer, et dont il faut conserver l’unité, sans plantes exogènes ou coupes sauvages. Le PLU est une boîte à outils, donnée aux architectes et constructeurs pour faire leur travail. Le rôle de l’ADPPM est de voir si ces outils sont conformes aux buts à atteindre. Il y a deux aspects :

- un aspect quantitatif, concernant les surfaces et les hauteurs

- un aspect qualitatif, qui propose une vision qualitative du bâti : pente des toitures, couleurs, ouverture, clôtures, qui ne doivent pas faire des maisons des « Fort Knox » protégées par des murs de PVC contraires à l’esprit du Pyla.

On ne saurait mieux dire. Ce propos porte une grande partie de ce qui nous guide depuis 43 ans. Et comme le nouveau PLU n’a pas été à la hauteur de nos espoirs pour ce qui concerne le Pyla (densification, hauteurs, zones commerciales, coupures d’urbanisation sacrifiées…), nous l’avons soumis à l’examen du Tribunal administratif.

Pour sa part, le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), qui est le document d’urbanisme supérieur, à l’échelle intercommunale, prévoit un quasi doublement de la population autour du Bassin avant 2030, soit 38000 logements supplémentaires ainsi qu’une suite regrettable de mesures qui ne pourront que porter atteinte à l’identité et à l’intégrité du site, dans son ensemble.

Nous développerons toute notre énergie, directement, ou au travers de la coordination associative CEBA, pour enrayer ce processus destructeur du Bassin, dont le caractère exceptionnel est pourtant universellement reconnu puisqu’il est question de le classer UNESCO.

On reste impressionné par les observations visionnaires d’Erik Orsenna dans son ouvrage « Sur la route du papier » : la fragilité du lieu, les acteurs de la défense de l’environnement, et bien sûr l’usine de pâte à papier de Facture et l’émissaire du wharf.

L’accident du 5 juillet dernier est un malheur pour le personnel et la filière bois. Elle exige de nous une réflexion constructive sur la sécurité environnementale de l’usine (nous y travaillons avec les autorités et l’industriel), et surtout sur le devenir des rejets en mer, que ce soit ceux de la crise (liqueur noire), ou ceux de l’exploitation habituelle, outre ceux issus des agglomérations constituant, comme l’exprime le président du SIBA Michel Sammarcelli, notre « marqueur sociologique », c’est-à-dire les eaux usées.

Le Parc Naturel Marin dont l’acte de création devrait être prochainement signé, au terme de deux années de travail acharné, aura beaucoup à faire et à dire pour que les choses rentrent dans l’ordre, et que tous puissent vivre autour et sur le Bassin dans le respect de l’autre et de la belle nature qui nous est donnée.

Notre qualité de vie reste exceptionnelle, et il faut mesurer la chance qui est la nôtre de pouvoir partager une vision et une passion pour un morceau de France qui laisse sans voix le visiteur d’occasion. S’il en est ainsi, c’est parce que nous avons eu le courage de le défendre contre l’urbanisation à outrance, et la banalisation.

Il est impératif de redoubler nos efforts, car plus un lieu reste exceptionnel, plus il est soumis à certains phénomènes bien connus. Et si on laisse faire au nom des bons sentiments ou d’un simple manque de vigilance, le site perdra rapidement ses caractéristiques d’exception.

Soyons attentifs à l’artificialisation lente et progressive qui impose à la nature un net recul.

Au Pyla la nature doit impérativement rester au premier plan.

J. STORELLI
Président