Ostréiculture et environnement

Le nettoyage des parcs ostréicoles au banc d’Arguin

Mercredi 21 août 2013 // En mer

Sur questions de l’ADPPM, Monsieur Olivier LABAN, Président du Comité Conchylicole répond en août 2013 :

À l’attention de M. Storelli : Problématique de nettoyage des parcs

Le contexte :

La problématique des parcs ostréicoles sales a plusieurs origines.

Lors de ces 30 dernières années nous avons assisté à une modification de la surface exploitée par les ostréiculteurs. Il y a à cela deux raisons.

La premières est la baisse du nombre d’entreprises depuis les années 70. Nous sommes passés d’environ 1 500 exploitations à 320 aujourd’hui. Cette hémorragie a été stoppée depuis la dernière décennie grâce à l’effort de structuration de la filière qui a permis de faire face aux crises (test souris, marée noire,…), ainsi qu’à la forte volonté politique du CRCAA de favoriser les installations (plus de 120 installations en 10 ans). Cette forte diminution du nombre d’entreprise survenue entre les années 70 et les années 2010 s’est accompagnée d’une diminution de la surface exploitée par l’ostréiculture créant un premier passif en termes de parc non entretenu.

Le deuxième facteur à l’origine de cette modification du foncier exploité est la forte baisse de productivité des zones dites « du haut du Bassin ». Ces zones, sur lesquelles la croissance des huitres était auparavant correcte, ne servent maintenant plus que pour le captage du naissain. Les ostréiculteurs se sont vus alors obligés de se déplacer vers la sortie du Bassin pour faire pousser leurs huitres. Cela a considérablement augmenté la distance entre les ports de travail et les parcs, ce qui s’accompagne de contrainte non négligeable. La paroxysme de ce phénomène est l’installation de parc sur le banc d’Arguin afin de pouvoir continuer à produire des huitres de qualité sur le Bassin d’Arcachon, et ce malgré toute les difficultés rencontrées pour produire des huitres dans une zone éloignée des ports, très exposée aux aléas climatiques, et demandant aux professionnels une forte réactivité pour faire face aux mouvements rapides des sables. Le pendant de cette migration vers la sortie du Bassin est l’abandon des parcs non productifs dans les hauts.

La majorité des professionnels ont nettoyé leurs parcs abandonnés mais dans certains cas, notamment lorsqu’il s’agit de la disparition d’une exploitation, ces parcs n’ont pas été nettoyés.

En plus de la modification du foncier ostréicole, il faut ajouter comme origine de cette problématique, l’attitude condamnable de certains ostréiculteurs qui ont laissé des parcs abandonnés par manque de volonté. La profession paye le prix fort pour les actions de cette minorité. En effet, les parcs sales sont préjudiciables pour l’image de la filière et posent des problèmes pour l’exploitation des parcelles voisines (courantologie modifiée, sédimentation, problèmes zoosanitaires, multiplication des prédateurs de l’huitre,…).

Sur le Banc d’Arguin, l’attitude déplorable de ces quelques professionnels est d’autant plus problématique qu’en l’absence de décret réglementant l’implantation ostréicole sur cette zone, aucune action ne peut être menée en leur encontre.

Comme nous l’avons dit, il faut ajouter à ces comportements, fort heureusement peu répandus, la particularité de ce banc de sable dont les brusques mouvements peuvent surprendre les professionnels.

La position de la profession :

Bien qu’héritière en grande partie d’un lourd passif, la profession ostréicole Arcachonnaise actuelle a conscience d’être la principale victime de ces parcs sales. L’image que cela renvoie auprès du grand public est préjudiciable pour l’ensemble de la filière. D’autre part, nous avons déjà évoqué les nombreux problèmes que ces zones sont susceptibles de causer aux parcs cultivés.

C’est pour cela que le CRCAA mène de nombreuses actions afin de lutter contre ce phénomène.

Dans le cadre du plan Etat-Région le CRCAA porte le dispositif de nettoyages des parcs (3 marins, bateau dévaseur, bulldozer marinisé,…).

Sous la présidence d’Olivier LABAN, de nombreux projets ont été menés telle que par exemple une expérimentation étudiant l’intérêt d’utiliser des méthodes moins lourdes que le bateau dévaseur pour nettoyer certaines zones. Le partenariat avec la DDTM33 et les opérations ponctuelles de nettoyage ont été développés.

Concernant le mauvais comportement de certains producteurs, le Président LABAN a sollicité publiquement à plusieurs reprises l’administration afin qu’elle verbalise les fautifs.

Le projet de nouveau schéma des structures (documents qui règlemente l’exploitation ostréicole sur le Bassin d’Arcachon) met l’accent sur la nécessité d’entretenir les parcs.

La ligne de conduite du CRCAA et de son Président est de participer à la remise en état du passif, mener une réflexion sur les méthodes de nettoyage, sensibiliser les professionnels sur l’importance de l’entretien des parcs, encourager l’administration à verbaliser les professionnels au comportement inacceptable, et préparer l’avenir de la profession en plaçant ses problématiques au cœur de son action.

Sur la zone du Banc d’Arguin la principale difficulté est qu’il n’y a pas de décret règlementant l’implantation de l’ostréiculture sur la zone. Privant ainsi l’administration de toute possibilité d’action coercitive envers les quelques professionnels ne respectant pas le site.

Jusqu’à maintenant la gestion du site par le CRCAA a permis de nombreux progrès. Les professionnels ont été fortement sensibilisés sur les responsabilités qu’engendre la culture de l’huitre sur ce site d’exception. Des règles de gestion ont été imposées et une commission professionnelle a été chargée de les faire respecter. Il faut ajouter à cela les actions menées en partenariat pour mettre en place un balisage de la zone.

Malgré tout, une poignée de professionnels a un comportement inadmissible et les actions de cette minorité suffisent à cacher les progrès obtenus par toute la profession. C’est pour lutter contre ces comportements que le Président LABAN appelle de ces vœux la parution de ce décret qui permettra la mise en place de sanctions.