Documents d’urbanisme

Plus que jamais : la nécessité de créer une zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP)

Samedi 1er août 2009 // Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP)

Consciente de la multiplication des atteintes au style architectural du Pyla, l’ADPPM a financé il y a bientôt deux décennies, une étude réalisée par Monsieur Bernard WAGON, architecte spécialisé. En 2004, la municipalité de La Teste exprimait : « Le quartier du Pyla « ville sous la forêt », unique en son genre, présente bien un intérêt architectural et esthétique auquel tous, résidents ou passants, sont attachés et qu’il faut préserver. En effet, les mutations des usages (aménagements de jardin, piscines, parkings) et des occupants (morcellements, constructions annexes) par le déboisement qu’elles supposent, risquent de modifier radicalement le visage du quartier. De même, l’évolution des matériaux et des modes entraîne des ajouts ou modifications préjudiciables à l’authenticité du quartier…

L’ensemble des associations participe à la mise au point du projet, qui sera établi dans moins d’un an et Plus que jamais : la nécessité de créer une zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP) 11 soumis ensuite à enquête publique. » Ce dossier a été approuvé par le Conseil municipal de La Teste, et par l’unanimité des Pylatais en août 2007 dans le cadre d’une enquête publique. Or, la nouvelle municipalité décida d’organiser un referendum sur cette question en 2009… On sait que ce referendum n’aura pas lieu et que le projet de ZPPAUP se trouve purement et simplement « enterré ».

Pourtant, la ZPPAUP, dont se dote la majorité des sites prestigieux (près de 500), notamment sur la côte atlantique (La Flotte en Ré, Biarritz, Ciboure…), permet d’éviter l’abattage des arbres, de repousser des choix architecturaux contestables et l’emploi de matériaux inadaptés, et de protéger l’architectural, le paysager et les perspectives. Le Commissaire enquêteur relatait dans son rapport de 2007 : « Les opinions favorables à la ZPPAUP incluses dans les registres sont quasiunanimes, la population y discernant le moyen adapté justement à la préservation de ce cadre de vie ».

Puisque l’avis des Pylatais est unanime, pourquoi nos élus nous refusent-ils un instrument juridique qui va dans le sens d’une préservation pérenne de l’identité pylataise ? En date du 8 octobre 2008, l’ADPPM écrivait à Monsieur le Maire : « Pour quelle raison êtes-vous opposé à une ZPPAUP au Pyla alors qu’une enquête publique ayant permis de prendre en compte l’avis de l’ensemble des Testerins a abouti à un avis favorable unanime ? » Ainsi, nous continuons à observer :

- la multiplication inacceptable des divisions parcellaires ; des parcelles de petite taille sont divisées et de nouveaux lots apparaissent, ce qui induit l’abattage de tous les arbres et l’altération des vues et des perspectives pour le voisinage,
- des atteintes récurrentes au Pyla en matière de hauteur, de continuité, d’emploi de matériaux, d’abattages, de distances avec les voies…sans réaction concrète,
- des parcelles inférieures à 1000 m² sont construites (700 m² pour 130 m² habitables) ; quatre lots de la sorte sont édifiés route de Biscarrosse ; pourtant, l’harmonie du Pyla ne peut passer que par la définition de parcelles minimales de 1000 à 1500 m²,
- des divisions parcellaires en nombre permettent un nouvel afflux de constructions au prix de l’abattage de la majorité des arbres et de l’altération des perspectives et des servitudes de vue du voisinage, ainsi que des constructions nouvelles avec étage, de type « citadin », notamment sur le Boulevard de l’Océan, sans recul suffisant.
- de nombreux Pylatais découvrent que l’hiver « est passé par là », que des arbres sont abattus sans contrôle, que des parcelles sont divisées, que l’on y construit des « annexes », que des surélévations s’opèrent, que des clôtures ou barrières ou portails battent des records de hauteur…

De ce fait, les contentieux de voisinage, souvent judiciaires, se multiplient et l’ADPPM est régulièrement informée de conflits que l’absence d’adoption de règles d’urbanisme pertinentes, rigoureuses et contrôlées a rendu possible.

On aboutit donc à un double constat :
- les équilibres architecturaux et paysagers du Pyla s’altèrent rapidement,
- beaucoup de Pylatais subissent personnellement un voisinage architectural particulièrement nuisant ou dégradé, doublé de la perte trop fréquente du couvert végétal.

Pourquoi en est-on arrivé là ?
Sans doute parce que certains décideurs ou promoteurs locaux n’acceptent pas de se soumettre à des règles renforcées (l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France), alors que l’on sait que la règlementation sur la ZPPAUP évolue puisque les maires n’auront plus à se conformer mécaniquement à l’avis de l’ABF.
S’il est indéniable qu’une ZPPAUP impose des contraintes, cela constitue sa finalité même ; celle qui est censée nous protéger contre nous-mêmes et contre toutes les tentations et velléités que l’absence de rigueur dans l’application des règles d’urbanisme et du contrôle qui s’y attache permet. Nos élus ne doivent-ils pas préférer l’impérieuse nécessité de préserver les arbres du Pyla et son style architectural, plutôt que de se soucier des contraintes supportées par quelques entreprises locales ?

Une nouvelle fois, l’ADPPM demande à la municipalité de privilégier l’intérêt général en adoptant la ZPPAUP que l’ensemble des Pylatais a approuvé lors de l’enquête publique d’août 2007.

Pour se convaincre de la nécessité de renforcer le contrôle des autorisations de construire ou de lotir, on peut dresser une liste bien peu exhaustive de quelques autorisations qui ont été annulées, et non des moindres :
- 90 maisons au Laurey
- 27 logements à Pilat Sud
- 4 bâtiments, soit six logements, avenue du Vieux Pilat
- un lotissement à la Petite Maline (Cameleyre)
- la transformation en logement du château d’eau de la Dune - la construction d’un immeuble en front de mer (terrain du Casino).

On sait que les services de l’Etat ne peuvent pas tout faire (dans le cadre du déféré préfectoral) et que les associations ne peuvent pas « tout voir ». Le plus simple est donc de se doter d’outils juridiques pertinents garantissant la délivrance d’autorisations d’urbanisme inattaquables (contrôle de l’Architecte des Bâtiments de France dans le cadre d’une ZPPAUP) excluant toute autorisation « d’opportunité », préservant la pérennité du style architectural et paysager du Pyla, et garantissant une suffisante sérénité dans les relations de voisinage.

L’ADPPM demande à la municipalité de prendre en compte ces aspects qui ne reposent que sur un retour d’expérience sans appel et sur le simple bon sens commun.

source : Gazette du Pyla été 2009